Le projet PARR est né, entre autres, d’une volonté simple mais ambitieuse : documenter ce que vivent les femmes et personnes non binaires noires et racisées dans les milieux de recherche partenariale au Québec, qu’ils soient militants, communautaires ou universitaires.
En 2022, une étude a donc été réalisée pour identifier les obstacles systémiques auxquels ces personnes sont confrontées, mais aussi les stratégies — individuelles et collectives — qu’iels mettent en place pour y faire face.
Cette étude qualitative, menée avec brio, rigueur et bienveillance par Félicia Cá et Saaz Taher, a révélé d’importants constats. D’abord, un racisme systémique persistant, souvent banalisé, qui mine la légitimité, l’avancement professionnel et le bien-être des femmes et personnes non binaires noires et racisées dans ce milieu. Ensuite, des structures inadaptées et des mécanismes discriminants — comme des comités d’éthique déconnectés, des collaborations inégales, une précarité financière, une surcharge émotionnelle, des pratiques extractivistes pour ne nommer que celles-là — qui rendent la participation aux projets de recherche difficile, voire nocive et très coûteuse pour les personnes et communautés concernées .
Au-delà de ces constats, cette recherche visait à imaginer d’autres manières de produire et de partager les savoirs, à partir des réalités des personnes noires et racisées évoluant dans ce milieu. Elle proposait de créer des espaces de solidarité, de collaboration et d’empowerment, pensés par et pour celles qui vivent ces exclusions et leurs innombrables conséquences.
Le calendrier d’activités de PARR, alors encore un projet au sein de Relais-femmes, a été conçu en réponse aux besoins exprimés par les participantes à la recherche.
Des formations, de l’accompagnement, des ateliers, un jeu de cartes interactif et un balado ont ainsi été créés pour documenter et partager les savoirs, expertises et témoignages recueillis.
Comme le déplorait avec lucidité et déception une participante en parlant de précédentes expériences : « On participe à un projet, puis après ça on n’en entend plus jamais parler. »
Avec PARR, c’est l’inverse qui s’est produit. En plus des legs matériels et plus tangibles cités ci-haut, des activités axées sur l’envie et le besoin d’être ensemble comme le forum, les journées BIPOC, les journées Cohorte ont été organisées. Autant d’occasions pour les personnes impliquées dans les entrevues, les groupes de discussion et/ou le comité consultatif de se revoir tout au long du processus et de tisser entre elles des liens de solidarité. Une forme de réponse concrète, vivante, engagée.
Tout ceci a donc permis de tracer la direction de ce qui allait devenir, en 2024, l’organisme PARR.
Découvrez ici le rapport de recherche.
Ce projet a été financé dans le cadre du Programme de promotion de la femme de Femmes et Égalité des genres Canada.

The PARR project emerged, in part, from a simple yet ambitious aim: to document the experiences of Black and racialized women and non-binary people in partnership-based research settings across Québec—whether in activist, community, or academic settings.
In 2022, a study was undertaken to identify the systemic barriers these individuals face, as well as the strategies—both individual and collective—they employ to address them.
This qualitative research, carried out with rigour, care, and deep attentiveness by Félicia Cá and Saaz Taher, revealed key findings. Chief among them: the persistence of systemic racism—often minimized—that undermines the legitimacy, professional advancement, and well-being of Black and racialized women and non-binary people in these spaces. The study also revealed deeply flawed structures and discriminatory mechanisms—such as out-of-touch ethics boards, imbalanced partnerships, financial precarity, emotional toll, and extractive research practices—that make participation in research not only challenging, but often harmful and costly for those most directly impacted.
More than simply identifying these issues, the study sought to envision alternative ways of producing and sharing knowledge—rooted in the lived realities of Black and racialized people in the field. It called for the creation of spaces for solidarity, collaboration, and empowerment, designed by and for those who face these exclusions and their countless consequences.
PARR’s initial calendar of activities—then still a project within Relais-femmes—was shaped directly by the needs expressed by study participants. From this emerged a range of initiatives: trainings, workshops, an interactive card deck, and a podcast, all developed to document and share the knowledge, expertise, and lived experiences that had been gathered.
As one participant put it—with sharp clarity and evident disappointment—while reflecting on past experiences: “You take part in a project, and then you never hear about it again.” — Research participant
With PARR, the opposite happened. In addition to the tangible outcomes mentioned above, events like the forum, BIPOC Days, and Cohort Days were created in response to participant’s desire for connection. These gatherings provided an opportunity for those involved in interviews, focus groups, and the advisory committee to reconnect and foster meaningful solidarity throughout the process. This is what a concrete, ongoing, and sustained commitment looks like.
This work laid the foundation for PSRR to become a formal organization in 2024.
Read the full research report here.
This project has been funded through Women and Gender Equality Canada’s Women’s Program.


